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    June 28

    La Polynésie

    Iaorana ! (Bonjour, en polynésien)
     
    Miracle des décalages horaires : nous sommes partis d'Auckland, en Nouvelle-Zélande, le 30 mars dans l'après-midi et sommes arrivés le 29 mars à Papeete, en Polynésie française ! Et oui, il y a 23 heures d'écart entre Auckland et Papeete, nous n'avons donc pas souffert du décalage, mais nous avons gagné une journée !
     
    La Polynésie française est immense, elle a la taille de l'Europe et se trouve au beau milieu du Pacifique, loin de tout. Elle se compose de 5 archipels (la Société, les Tuamotu, les Gambier, les Marquises et les Australes) et regroupe 118 îles, qui, pour la plupart, sont minuscules (de l'ordre de 10 km2) ! Inutile de dire que nous ne les avons pas toutes visitées, puisque nous en avons vu 8 !
     
    Papeete se trouve sur Tahiti, l'île principale de la Polynésie française, qui fait partie des îles-du-vent, dans l'archipel de la Société. Nous avons passé quelques jours à Papeete, ville peu attrayante, en dehors de la place du port qui se remplit le soir de "roulottes", restaurants itinérants dans de petites camionnettes. Puis, nous sommes partis sur Raiatea, qui fait partie des îles sous-le-vent (il ne faut pas confondre !). Pourquoi Raiatea, me direz-vous ? Et bien, parce qu'après moultes recherches et des prix prohibitifs, nous avons déniché la "perle" : une petite maison meublée avec voiture et bateau à moteur, en pleine nature au bord du lagon, à un prix imbattable, sur l'île de ... Raiatea (à 230 kilomètres de Tahiti) ! Nous nous sommes ainsi liés d'amitié avec notre propriétaire, Franck, et sa famille, qui habitaient juste derrière notre maison et qui nous ont fait partager leur culture polynésienne. Une très bonne adresse : http://chezfranckraiatea.com !
     
    Raiatea est appellée "l'île sacrée" car elle aurait été la première des îles sous-le-vent à avoir été colonisée et elle possède le marae le plus grand de toute la polynésie (un marae est un ancien lieu funéraire ou de culte extérieur où de nombreuses cérémonies avaient lieu). D'ailleurs, tous les marae construits après dans les autres îles devaient comporter une pierre de ce marae pour avoir un peu de son mana, le Mana étant la force universelle présente en toutes choses et en tout être.
    A Raiatea, nous avons pris le rythme polynésien : lever à 6 heures, école à 7 heures et le soir, on se couche tôt, car il fait nuit à 18 heures, comme dans la plupart des pays tropicaux et équatoriaux ! L'après-midi, nous allions nous balader sur l'île ou prenions le bateau à moteur pour aller sur les motus (îlots) environnants et faire du snorkling (plongée avec masque et tuba) dans une eau à 28°, avec des fonds marins époustouflants, bref, c'était dur !
    Nous avons assisté à une course de pirogues polynésiennes avec 172 concurrents au départ, dans une chaleur torride ! C'était très festif, avec des stands de nourriture typiquement polynésienne : frites, hot-dogs et coca-cola ! Faire de la pirogue est un des sports favoris des jeunes adolescents polynésiens qui, sinon, traînent leur ennui sur leur île, désoeuvrés, en regardant une des centaines de chaînes captées par le satellite. Et oui, la globalisation aidant, même au milieu de nulle part, on est rattrapé par la "civilisation" !
    A côté de Raiatea se trouve l'île de Tahaa, avec qui elle partage le même lagon. Tahaa est aussi appellée "l'île vanille", car, comme vous l'aurez deviné, on y cultive de la vanille, la meilleure du monde, paraît-il ! Nous sommes allés y visiter une de ces plantations, enivrés par le parfum puissant des gousses !
     
    La Polynésie étant tellement étendue, nous avons dû prendre l'avion pour visiter les îles environnantes, dans l'archipel de la Société et dans les Tuamotu, les vols allant de 20 minutes à 1 heure 30.
    Dans les îles de la Société, nous nous sommes rendus sur Huahine et Bora Bora.
     
    Huahine est appelée "l'île sauvage" du fait de la luxuriance de sa végétation, du calme et de la tranquillité de son atmosphère. Elle reste relativement peu fréquentée par les touristes, ce qui lui confère un certain charme !
    A Fare, le village principal, nous avons assisté à l'arrivée d'un des gros bateaux de fret qui approvisionnent régulièrement (entre une ou deux fois par mois) les différentes îles de la Polynésie : trucks et pick-up transbahutent leurs chargements venant de Tahiti (nourritures diverses, électroménager, voitures...) en échange de coprah (noix de coco), taros, bananes, cochons parfois, qui font le chemin inverse. C'est un vrai spectacle, jusqu'à ce que le bateau reparte (il reste quelques heures seulement) vers une autre île et que la vie reprenne son cours normal, calme et tranquille. C'est aussi là  que nous avons mangé les meilleurs macarons du monde et que les enfants ont découvert et adoré le mahi-mahi (dorade coryphène) à la vanille !
     
    Bora Bora, cette île au nom mythique, appelée "la perle du Pacifique" est considérée comme un des plus beaux lagons du monde. Malgré des problémes écologiques récurrents et un coût de la vie à faire frémir, tout le monde finit par y passer ! Cependant, certains des plus grands hôtels de l'île sont en train de fermer, faute de client, et l'on voit des dizaines et des dizaines de bungalows sur pilotis vides !
    Bora Bora est effectivement une île magnifique avec un lagon turquoise (le lagon étant une étendue d'eau encerclée par des atolls, ou séparant une île haute de la barrière récifale), immense et très riche, un vrai paradis pour les plongeurs.
    Nous y avons nagé parmi les raies, les requins à pointe noire et les tortues ; Corto était à la fois mort de peur et très excité quand les raies se sont approchées de nous : il s'est accroché à mon dos pendant qu'une raie se collait à moi en m'aspirant la peau (je n'étais d'ailleurs pas très fière non plus !). Ce fut un grand moment que Patrice a immortalisé en étrennant notre nouvel appareil photo sous-marin et en faisant de très belles photos de la faune aquatique !
     
    Nous nous sommes envolés ensuite vers l'archipel des Tuamotu, constitué de 78 atolls ou îles basses, étendus sur 1500 kilomètres de long : ce sont des bandes de sable plus ou moins larges avec, d'un côté, le lagon et, de l'autre côté, le Pacifique et son récif. Les lagons, véritables mers intérieures ouvertes sur l'océan par des passes ou chenaux, sont extrêmement riches en poissons de toutes sortes et les pêches y sont souvent miraculeuses ! Les Tuamotu, avec la pêche, la coprahculture (noix de coco) et la perle noire, sont désormais la richesse de la Polynésie, le tourisme diminuant d'année en année.
    Vivre sur un atoll peut paraître un peu fou pour un européen, bien assis sur son continent : c'est une minuscule bande de terre, au niveau de la mer, perdue au milieu du Pacifique qui, en cas de tempête, est entièrement dévastée. Certains habitants nous ont racontés leur dernier passage de cyclone, avec l'eau qui monte petit à petit et le vent qui arrache tout sur son passage, sans endroit pour s'abriter : ils en avaient encore des tremblements dans la voix !
     
    Le premier atoll, Rangiroa, appellé "ciel immense", est le plus grand atoll de Polynésie (75 km de long et 35 km de large !) et le plus peuplé (environ 3000 habitants !). Avec ses 415 îlots, il y a de quoi faire ! La plupart sont d'ailleurs inhabités et on trouve encore quelques ermites qui vivent reclus sur des motus.
    Nous avons mis deux heures en bateau pour atteindre l'île aux récifs, une île constituée d'un enchevêtrement de coraux, coupants comme des lames de rasoirs, et parsemés de piscines naturelles remplies de poissons multicolores.
    Nous avons également fait une descente de passe en snorkling : on se laisse dériver dans les passes avec le courant de la marée entrante (ou sortante) de l'océan dans le lagon. On est alors vraiment dans un aquarium : les requins, les napoléons, les raies Manta, les barracudas sont très nombreux lors de l'inversion des courants de passe.
    Rangiroa, comme d'autres atolls des Tuamotu, vit aussi de la culture des perles ; nous sommes allés visiter une des plus importantes fermes perlières de l'île, la ferme Gauguin. Le processus de fabrication d'une perle noire (en fait, elles sont grises avec des nuances vertes, violettes ou argentées) est complexe et demande un grand savoir-faire : nous avons assisté au travail d'un greffeur qui, avec beaucoup de dextérité, introduit un nucléus (une bille de plastique) associé à un greffon (petite lamelle d'une huître donneuse) dans une huître receveuse, qui se transformera, sauf rejet, en une perle au bout d'un an et demi. La probabilité d'avoir une très belle perle, c'est-à-dire parfaitement sphérique, est de 2%, d'où un prix très élevé en bijouterie !
    Pour l'anecdote, sachez qu'il existe un vignoble aux Tuamotu ! Malgré un sol calcaire et l'air marin, un entrepreneur audacieux a réussi ce pari et ses vins (rouges, blancs et rosés) sont, paraît-il, très corrects ; il fait d'ailleurs deux récoltes par an !
     
    Tikehau, est un cercle presque parfait de 26 km de large, composé d'une centaine d'îlots et d'un lagon extrêmement poissonneux. Nous sommes allés visiter "l'île aux oiseaux" dans le lagon, un îlot abritant des colonies d'oiseaux absolument pas farouches, car ayant très peu de prédateur : fous à pieds rouges, sternes huppés... Le sterne a la particularité de pondre ses oeufs directement sur une branche, car il ne construit pas de nid. Le bébé, une fois sorti de l'oeuf, est posé sur la branche, attendant que ses parents viennent le nourrir, sous l'oeil attentif de gros crabes espérant qu'il chute ! Et oui, tout n'est pas rose en Polynésie !
    Une autre particularité de Tikehau est l'île d'Eden : c'est un îlot habité par deux familles appartenant à une communauté asiatique (une secte, en fait !) qui vivent en autarcie presque totale : eau de pluie, panneaux solaires, pêche, énorme jardin, "home schooling", église... On peut saluer l'initiative, même si l'on n'adhère pas aux préceptes de la secte !
     
    A Fakarava, immense atoll en forme de rectangle de 50 km de long, nous sommes allés sur l'île au sable rose et avons fait du snorkling, comme partout dans les îles de la Polynésie. On finit par s'habituer à cette mer chaude et transparente, d'un bleu électrique, où foisonnent les poissons les plus beaux !
    Comme il y a aussi des fermes perlières sur Fakarava, nous avons participé à une loterie des perles : les enfants sont allés choisir leur huître dans le lagon et le suspense a commencé ! Chaque huître a été ouverte et là, ce fut la surprise : bingo pour Corto dont l'huître avait une énorme perle en forme de poire (nous voilà  tranquilles pour au moins cinq ans d'argent de poche !). Rassurez-vous, l'huître de Juliette avait aussi une belle perle, agrémentée d'un keshi (perle naturelle fabriquée par l'huître).
     
    Notre séjour polynésien fut donc placé sous le signe de la mer : nage et snorkling presque tous les jours (des nageoires ont presque poussé sur Juliette !), poisson cru, plus frais que frais, quotidiennement, à la polynésienne (avec du citron vert ou du lait de coco) pour un régime hyper-protéiné !
    La Polynésie, ce fut aussi l'accueil toujours chaleureux, avec le collier de fleurs à l'arrivée et le collier de coquillages au départ, le tutoiement immédiat, le sourire, l'hédonisme, une certaine nonchalance et désinvolture (le fameux "fiu", prononcez "fiou, qui veut dire qu'on est fatigué !), une vie ancrée dans le présent, une vision du monde différente plus en rapport avec les éléments, car très proche de la nature, par nécessité, et aussi une jeunesse déchirée entre deux cultures, qui se cherche et parfois se perd.
     
    Après ce séjour un peu hors du temps, nous nous sommes envolés pour Montréal, autre enclave française, mais dans un univers parallèle car sur le continent nord-américain. Pendant une semaine et malgré des températures peu clémentes pour des habitués du maillot de bain, nous avons revu avec grand plaisir nos amis de toujours Christiane et André. Ce fut ensuite le retour pour la France où nous resterons tout l'été, avant de repartir début septembre pour une dernière année de vadrouille en Asie !
     
    Nous vous souhaitons un bel été et de bonnes vacances, pour ceux qui en prennent !
     
    Nana (au revoir) !
     
    Virginie, Patrice, Juliette, Corto

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